En matière
d’assurances habitation, il n’existe quasiment pas d’obligation légale.
La vérification des garanties souscrites au titre de l’occupation d’un
immeuble s’impose donc comme l’une des premières préoccupations
d’un propriétaire.
Quelques centaines
de francs par an, c’est le prix que les propriétaires et les locataires
doivent débourser pour souscrire une assurance multirisque habitation
et s’assurer contre les conséquences financières parfois considérables
des dommages subis par leurs immeubles ou provoqués par ceux-ci. Cependant,
la question de l’assurance des habitations est dominée par une étonnante
singularité. L’obligation de s’assurer n’existe que dans le cas particulier
du locataire d’un logement vide. La loi de 1989 sur les rapports locatifs dispose
en effet que le locataire est tenu de s’assurer contre les risques locatifs
et d’en justifier lors de la remise des clefs, puis chaque années, à
la demande du bailleur. Pourtant, ce texte ne précise pas la nature
des risques qui doivent être assurés… et prévoit seulement
que faute de contrat de location, le propriétaire peut résilier
automatiquement le bail si une clause du contrat de location le prévoit.
S’ASSURER CONTRE
QUOI ?
A cette question,
on peut répondre, qu’à tout moment un propriétaire ou un
locataire peut être tenu pour responsable d’un dommage. Et à tout
moment, un propriétaire ou un locataire peut avoir besoin d’une assurance
pour réparer les dégâts commis sur ou dans son habitation.
S’ils sont correctement couverts, leurs assureurs prendront les réparations
en charge, quitte à se qu’ils se retournent ensuite contre les (assureurs
des) éventuels responsables. Concrètement, lorsqu’un dégât
des eaux ou un incendie cause un dommage aux habitations voisines, les victimes
qui entendent obtenir réparation " actionnent " le
propriétaire ou le locataire du logement d’où le sinistre est
issu. Cette action a pour objet d’engager la responsabilité du responsable,
d’obtenir sa condamnation à réparer, puis l’indemnisation de leur
préjudice.
Ces règles
sont posées par les articles 1382 et suivants du code civil, selon lesquels
on est responsable du dommage que l’on cause à autrui, soit directement,
soit indirectement par l’intermédiaire des choses que l’on a sous sa
garde. Cela dit, l’assurance sert aussi à indemniser les dommages subi
directement. Le propriétaire ou le locataire assuré dont la maison
a été détruite par la foudre sera indemnisé par
l’assurance. Les juristes résument la question en disant que l’assurance
doit couvrir les dommages causés à l’immeuble (le bâti,
les murs et clôture, et les dépendances), aux meubles ainsi que
la responsabilité civile des occupants, c’est à dire la réparation
des dommages causés aux tiers.
QUE COUVRE L'ASSURANCE
HABITATION DU PROPRIETAIRE
Comme il n’existe
pas de contrat type d’assurance, le souscripteur doit absolument contrôler,
c’est à dire vérifier, l’étendue des garanties couvertes
par le contrat d’assurance qu’il signe. L’étendue des garanties couvertes
peut varier considérablement d’un contrat à l’autre et dépend
naturellement du montant de la prime versée. En tout état de cause,
les conditions générales de l’assurance habitation couvrent le
plus souvent les immeubles bâtis, les murs et les clôtures ainsi
que les dépendances (avec ou sans communication avec la résidence
principale), les installations de chauffage, les embellissements – peinture,
moquettes, placards – qui ne peuvent pas être désolidarisés
de l’immeuble sans le détériorer (immeuble par destination). Les
biens mobiliers sont également couverts à hauteur d’une valeur
définie dans le cadre des conditions particulières du contrat.
Il en est de même pour les objets de valeurs, les espèces et biens
assimilés faisant le plus souvent l’objet de garanties spécifiques.
QUE GARANTIT L'ASSURANCE
DU LOCATAIRE ?
Bien qu’il n’existe
pas de règle impérative en la matière, l’assurance du locataire
couvre les dommages provoqués au logement qu’il occupe, l’immeuble serait-il
détruit partiellement ou totalement. En principe toujours, l’assurance
du locataire doit couvrir sa responsabilité civile à l’égard
des voisins et des tiers, notamment en cas d’explosion, d’incendie ou de dégâts
des eaux.
Bon à savoir :
un bailleur qui envisage de faire l’économie d’une assurance " propriétaire "
au motif que son locataire a souscrit une assurance doit vérifier l’exacte
étendue de l’assurance souscrite par ce dernier. En cas notamment de
limitation de responsabilité à l’égard des tiers, ce bailleur
risque fort de se trouver impliqué dans une procédure complexe
et coûteuse, car l’assureur mis en cause pourra trouver de nombreuses
raisons de discuter le principe de la responsabilité de son assuré.
LES GARANTIES GENERALEMENT
INCLUSES DANS LE CONTRAT D'ASSURANCE DE LA COPROPRIETE
Ici encore, il
n’existe pas de règle obligatoire. L’assurance de la copropriété
couvre les parties communes et les parties privatives contre l’incendie, les
dégâts des eaux, les catastrophes naturelles, la foudre et la tempête,
les bris de glaces ainsi que la responsabilité civile de la copropriété.
De même cette assurance couvre la responsabilité des copropriétaires
entre eux et à l’égard des tiers, ainsi que les dommages éventuellement
causé par les préposés de la copropriété
(gardien d’immeuble).
LA VERIFICATION
DES GARANTIES ET LES MEANDRES DU CUMUL D'ASSURANCES
Lorsqu’un propriétaire
assure son propre logement s’il n’est pas situé dans une copropriété,
la question de la vérification des garanties d’assurance est relativement
simple. Il lui suffit de se référer à un unique contrat
et d’en vérifier les tenants et les aboutissants. A cet égard,
on rappellera que les clauses des contrats d'assurances qui prévoient
des exclusions de garantie doivent être clairement exprimées, avoir
un contenu strictement délimité et être libellées
en caractères très apparents (caractère gras, titres, couleur,
etc).
Dans une copropriété,
comme nous l’avons vu, la situation est parfois plus complexe. Il arrive souvent,
bien qu’il n’existe pas d’obligation à cet égard, qu’un risque
soit susceptible d’être couvert par plusieurs assurances. Tel est le cas
par exemple d’un dégât des eaux provoqué dans un appartement
loué, dont la réparation peut être demandé dans le
meilleur des cas, soit à l’assureur du locataire, soit à l’assureur
du propriétaire soit à celui de la copropriété.
Important :
si vous envisagez de faire l’économie d’une assurance pour un risque
déjà couvert par la copropriété, prenez soin de
vérifier que l’assurance comporte une clause de renonciation à
recours contre les copropriétaires. Sinon, en cas de sinistre responsable,
vous risqueriez fort d’être poursuivi par l’assureur de la copropriété.
SINISTRE ET ARTICULATION
DU FONCTIONNEMENT DES DIFFERENTS GARANTIES
En pratique, lorsqu’un
sinistre survient dans une copropriété, l'assurance souscrite
par le syndic et payée par les copropriétaires au prorata des
millièmes, couvre la partie immeuble. En cas d'insuffisance de cette
assurance collective dont le montant des garanties et des éventuelles
franchises n’est pas toujours connu précisément par les copropriétaires,
c’est l’assurance éventuellement souscrite par le copropriétaire
qui vient en complément. Lorsque le sinistre survient chez un locataire,
c'est en principe la police souscrite par ce dernier qui intervient un premier
lieu. Il peut éventuellement y avoir lieu à recours contre le
propriétaire (ou son assurance si celui-ci en possède une) si
le sinistre résulte d’une faute prouvée du propriétaires
(mauvais entretien, installation non conforme...)
De fait, un propriétaire
n’aura la certitude d’être correctement assuré qu’en acceptant
de dépenser les quelques centaines de francs que lui coûte une
assurance multirisque habitation souscrite auprès d’un assureur compétent,
alors même qu’il sait que cette assurance risque très probablement
de faire double emploi avec celle de la copropriété ou de son
locataire… La pratique semble en effet démontrer qu’il est très
difficile pour un propriétaire non assuré, victime d’un dommage
causé par un tiers, (copropriété, locataire, etc…) de mettre
en œuvre la garantie de ce dernier.