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INVESTIR
DANS LE NEUF : LES ATOUTS DU DISPOSITIF BESSON
Faire un placement
pierre tout en bénéficiant de solides avantages fiscaux, tel est
le principe de l’amortissement Besson. Un dispositif qui, malgré quelques
contraintes, joue facilement en région parisienne et sur certains arrondissements
de Paris. A vous d’en profiter.
Le
principe du conventionnement Besson est pour l’investisseur la possibilité
d’amortir son bien, comme le fait un entreprenuer avec ses locaux et ses machines,
en déduisant de ses revenus fonciers imposables une fraction de son acquisition.
Les cinq premières années, il peut retrancher 8% du prix d’acquisition,
par an, frais d’achat inclus. Les quatre années suivantes, il peut continuer
chaque année à hauteur de 2,5%. Sur 9 ans, il aura ainsi amorti
50% du prix de son logement. S’il prolonge le conventionnement pour une période
de 3 ans, renouvelable une seule fois, il peut continuer à retrancher
2,5% par an. Au bout de 15 ans, il aura amorti 65% de son achat. Ce dispositif
s’applique à des logements neufs achevés, mais jamais habités
et aux logements acquis en l’état de futur achèvement.
UNE DEFISCALISATION EFFICACE
Ce
mécanisme de l’amortissement génère pour l’acheteur un
beau "cadeau" fiscal. Prenons l’exemple d’un appartement neuf acquis
500 000 F. Les revenus fonciers imposables sont diminués de 40 000 F
(500 000 F X 8%) par an pendant 5 ans, puis de 12
500 F (500 000 F X 2,5%) pour chacun des années suivantes. Si
vous êtes imposé à la tranche marginale de 54%, vous réaliserez
une économie de 21 600 F (40 000 F X 54%) par an pendant 5 ans
et 6 750 F ensuite (12 500 F X 54%). En 15 ans, votre économie
d’impôt dépassera 175 000 F. Si vous êtes dans la tranche
de 43%, selon ces mêmes calculs, vous économiserez 139 750 F.
En
plus de ce gain d’impôt, vos revenus fonciers bénéficient
d’un abattement forfaitaire de 6%. Si vos revenus fonciers s’avèrent
néanmoins négatifs, ce déficit foncier est reportable sur
le revenu global imposable dans la limite de 70 000 F par an.
LES CONDITIONS A RESPECTER
Pour
bénéficier de cet amortissement, l’investisseur doit se plier
à certaines conditions concernant le logement, les ressources du locataire,
le montant de loyers. Le logement. Celui-ci doit être loué nu pendant
une durée minimum de 9 ans et le locataire doit en faire sa résidence
principale. Sont donc exclus de ce champ d’application les résidences
de tourisme et les résidences étudiantes. Par ailleurs, le logement
ne doit pas être loué à des membres du foyer fiscal du contribuable
ou à un ascendant ou un descendant de l’un des membres de son foyer fiscal.
Enfin, la location doit prendre effet dans les 12 mois qui suivent l’achèvement
de l’immeuble ou de son acquisition si cette dernière est postérieure.
Les
plafonds de ressources. Les ressources du locataire ne doivent pas dépasser
un certain seuil qui varie en fonction de la composition du foyer du locataire
et en fonction de zone géographique. En Ile-de-France, ce plafond est
fixé à 115 000 F pour une personne seule, 189 000F pour un couple,
227 000 F pour une personne seule ou un couple avec une personne à charge...
jusqu’à 361 000F pour 4 personnes à charges et une majoration
de 41 000 F par personne à charge à partir de la cinquième.
Les ressources s’entendent en revenus nets et portent sur les revenus de l’avant
dernière année précédant celle de la signature du
contrat de location: pour l’an 2 000, c’est l’avis d’imposition des revenus
de 1 998 qui sera pris en compte. Enfin, les plafonds, fixés par décret,
sont révisés chaque année au 1er janvier en fonction de
l’évolution du Smic. Les plafonds de loyers. Le loyer mensuel par mètre
carré, hors charges, ne doit pas être supérieur, pendant
toute la durée couverte par l’engagement de location, aux plafonds fixés
par décret selon la zone dans laquelle se situe le logement. Ce plafond
est de 75 F par M2 à Paris et dans les 29 communes limitrophes et de
65 F par M2 dans la zone 1(reste de l’agglomération parisienne et villes
nouvelles. Ces plafonds sont relevés chaque année, au 1er janvier,
dans la même proportion que la variation de la moyenne sur quatre trimestres
de l’indice du coût de la construction publié par l’Insee.
A
noter que la surface à prendre en compte est celle de la surface habitable
au sens de l’aticle R.111.2 du Code de la Construction et de l’Habitation, augmentée
de la moitié, dans la limite de 8 M2 par logement, de la surface des
annexes (caves, sous-sol, remises, vérandas, balçons).
La surface des emplacements de stationnement et des garages, louée par
le même bail que le logement, n’est pas prise en compte pour la détermination
du loyer-plafond. Faute de respecter ces conditions, l’administration annule
rétroactivement l’avantage fiscal.
LA SECURISATION DU BAILLEUR
Les
contraintes de ressources et de loyers affolant toujours les investisseurs,
la loi de Finances pour 1 999 a prévu quelques dispositions destinées
à les sécuriser. Ainsi, le bailleur peut percevoir directement
l’allocation-logement. Son locataire ne peut lui contester cette faculté.
Le statut des bailleurs privés dans le dispositif Besson prévoit
un système de sécurisation des loyers par le biais des organismes
de 1% Logement.
Ceux-ci
s’engagent, gracieusement, à garantir aux propriétaires le paiement
de 9 mois de loyers et charges, par bail de 3 ans, en cas de chomâge du
locataire. C’est au propriétaire d’en faire la demande à un des
organismes collecteurs et à l’associer à la signature du bail.
Peu importe que le salarié travaille ou non dans une entreprise collectant
pour le 1%. Enfin, les organismes collecteurs peuvent prendre en charge l’avance
du dépôt de garantie sous réserve que le salarié
ait son enmploi dans une entreprise assujettie au 1%.
Les
contraintes de plafond de ressources et de loyers ne sont pas, en fait, insurmontables
et "passent" à peu près partout. Certes, les très
beaux quartiers de Paris où le M2 élevé induit des loyers
forts, le système n’est pas jouable. Mais dans les 18, 19, 20ème
arrondissements ainsi que dans la plupart des communes de la région parisienne
(excepté Neuilly et le "beau" Boulogne), vous pouvez
trouver des appartements rentrant tout à fait dans ces critères.
N’oubliez pas non plus la seconde couronne, notamment en maisons individuelles.
Enfin, ne perdez jamais de vue qu’un "bonus" fiscal ne doit en rien
occulter les règles d’or d’un bon placement-pierre : l’emplacement, la
proximité des transports, la qualité de la construction.
Laure Granger
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