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LA DEDUCTION DES CHARGES LOCATIVES

Les charges destinées à préserver le patrimoine locatif des propriétaires leur permettent de réduire leurs impôts ! Mais attention, deux logiques fiscales s’affrontent : la déduction forfaitaire dans le cadre du régime de droit commun et celle des bénéfices industriels et commerciaux. Explications.

En matière de revenus fonciers, bon nombre de propriétaires choisissent la simplicité en les déclarant au moyen des formulaires 2044 et 2044 spécial. Ils y gagnent assurément en simplicité et en paperasserie mais pas nécessairement en terme d’économie d’impôt… Dans ce cas en effet, si les frais réels sont supérieurs au montant forfaitaire autorisé, le propriétaire ne peut pas procéder à un complément de déduction.

Or, il suffit d’avoir été confronté une seule fois à un simple contentieux nécessitant l’intervention d’un professionnel du droit pour ce rendre compte que les seuls honoraires d’un avocat par exemple peuvent dépasser assez rapidement les frais "autorisés" au titre de la déduction forfaitaire.

 

LE REGIME DE DROIT COMMUN : LA DEDUCTION FORFAITAIRE DES CHARGES DU REVENU BRUT FONCIER

Dans le régime de droit commun, sans aucune justification, le bailleur peut retrancher de son revenu brut foncier une déduction forfaitaire représentant :

n les frais de procédure, de déplacement, de correspondance, et de téléphone s’il l’effectue lui-même la gestion de ses immeubles ;

n les frais éventuels d’enregistrement des baux et actes de location dans le cas où le bailleur les supportent lui-même, les commissions versées aux agences de location, le cas échéant,

n les primes d’assurance, à l’exception des primes d’assurance loyers impayés ;

n l’amortissement du capital immobilier.

Selon les différents régimes applicables aux revenus fonciers, cette déduction forfaitaire est égale le plus souvent à 14 % du revenu brut foncier, 25 % du revenu brut foncier sur les dix premières annuités de location des logements neufs acquis ou construits à compter du 1.1.90 et le 31.12.97, et les locaux transformés en logements, 35 % du revenu brut foncier sur les dix premières années de location des logements neufs acquis ou construits entre le 1.6.86 et le 31.12.89 et 6 % du revenu brut foncier pour les immeubles acquis sous le régime de déduction de l’amortissement Périssol.


LE REGIME DE BIC : LA LOCATION DES MEUBLES

La déclaration des revenus des propriétés dans le cadre des Bénéfices industriels et commerciaux permet d’ajuster exactement les sommes réclamées par le percepteur en fonction des dépenses réelles. Mais attention. Mieux vaut connaître les us et coutumes de l’administration fiscale en matière de charges déductibles ! Car à trop déduire, le redressement fiscal guette… Pour juger du bien fondé de la déductibilité d’une somme engagée par un propriétaire, le fisc applique des principes bien précis. Sont ainsi uniquement déductibles les dépenses effectuées en vue de l’acquisition et de la conservation du revenu. Ensuite, ne peuvent être déduites que les charges des immeubles qui génèrent un revenu foncier. De fait, si le propriétaire occupe "gratuitement" un logement situé dans un immeuble collectif qui lui appartient, il ne peut pas déduire les charges du logement dont il se réserve la jouissance ! Enfin, le contribuable doit être en mesure de justifier, notamment par des factures, les dépenses dont il entend déduire le montant.

Appliquées aux dépenses les plus courantes, ces règles aboutissent aux conséquences suivantes : les frais de gestion de l’immeuble et salaire des concierges sont déductibles si elles se situent dans une limite normale.

Les dépenses de réparation et d’entretien sont également déductibles si elles ont pour objet de maintenir ou remettre le logement en bon état et d’en permettre un usage normal.

Quant aux dépenses de peintures et papiers peints qui incombent normalement au locataire elles ne sont déductibles que lorsqu’elles ont été rendues nécessaires par la vétusté ou lorsqu’elles ont été engagées avant l’installation d’un locataire pour faciliter la location. Mais dans ce dernier cas, le fisc se réserve le droit d’apprécier la "normalité" du montant de la déduction. Enfin, s’agissant des dépenses d’amélioration, elles doivent apporter un élément de confort nouveau ou consister en une adaptation du logement aux normes, sans toutefois modifier la structure de l’immeuble… enfin, seuls les intérêts des emprunts contractés pour l’acquisition (ou l’amélioration) d’immeubles destinés à procurer des revenus fonciers sont déductibles. Les agios qui seraient facturés en cas de retard d’une échéance de l’emprunt ne sont pas déductibles !

 

Etienne LANGEVIN



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