ACHETER, LOUER, VENDRE UNE RÉSIDENCE
SECONDAIRE OU DE LOISIR
Lors de l'acquisition et de la vente d'une résidence de loisir, le fisc
accorde ses faveurs au compte-gouttes. Il n'en est pas de même pour les
revenus locatifs provenant de telles propriétés qui peuvent bénéficier
d'un traitement parfois (très) favorable. Tour d'horizon.
Mieux vaut le savoir... Pour l'immobilier autre que la résidence principale,
le fisc n'accorde aucune faveur fiscale dès lors que l'acquisition d'un
logement n'est envisagée qu'à titre de résidence purement
secondaire ou de loisir. Les dépenses faites pour l'acquisition ou l'entretien
ne sont pas prises en compte pour une éventuelle réduction d'impôts.
De même, au moment de la revente, la plus-value réalisée
ne bénéficie d'aucune largesse. Imposée dans le cadre des
dispositions applicables aux plus-values immobilières, elle n'est exonérée
que dans des cas très particuliers que nous exposons ci-après.
Le salut (fiscal) peut seulement provenir des éventuelles considérations
d'investissements immobiliers qui président à l'acquisition d'une
résidence de loisir. Quant aux revenus tirés de la location d'une
résidence de loisir, ils peuvent bénéficier, sous certaines
conditions, d'un traitement indéniablement avantageux.
Nous l'avons dit d'emblée. L'acquisition d'une résidence de loisir
ne permet pas de bénéficier des avantages prévus notamment
dans le cadre de l'achat d'une résidence principale. Cependant, pour
les investisseurs qui acceptent quelques contraintes et qui veulent s'engager
dans un processus à relativement long terme, des avantages existent.
Acquérir une résidence secondaire dans le cadre des dispositions
d'aides à l'investissement immobilier
Lorsque l'acquisition d'un logement de loisir est envisagée sous l'angle
d'un investissement immobilier, les aides prévues dans le cadre des dispositions
Besson s'appliquent. Les contraintes sont les suivantes. Le propriétaire
doit s'engager à louer nu le logement pendant au moins 9 ans à
usage d'habitation principale du locataire. La location ne peut être consentie
à un membre du foyer fiscal, un ascendant ou à un descendant ou
encore, si le logement appartient à une société non soumise
à l'impôt sur les sociétés, à un membre du
foyer fiscal, un ascendant ou un descendant d'un associé.
Par ailleurs, les ressources du locataire et le montant du loyer sont plafonnées.
A Paris et dans les communes limitrophes 76 F/m², en Ile-de-France , 66
F/m², dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants à
51 F/m² ailleurs à 46 F/m².
Les plafonds de ressources des locataires à prendre en compte dépendent
du lieu d'habitation et de la
composition familiale Ile-de-France Régions
Personne seule 116 430 F 97 200 F
Couple marié 191 350 F 148 830 F
Personne seule ou couple marié
avec une personne à charge 229 830 F 178 190 F
Avec deux personnes à charge 274 370 F 215 650 F
Avec trois personnes à charge 325 000 F 253 110 F
Avec quatre personnes à charge 365 490 F 285 510 F
Majoration à partir de la cinquième personne + 41 510 F + 32 400
F
Pour les propriétaires de logements acquis neufs ou en l'état
futur d'achèvement, l'avantager fiscal consiste en la possibilité
de déduire des revenus fonciers 8 % du prix d'acquisition de ces logements
pendant les 5 premières années et 2,5 % les 4, 7 ou 10 années
suivantes. Pour sa part, le taux de la déduction forfaitaire applicable
aux revenus foncier est abaissé à 6 % pendant la période
d'amortissement au lieu de 14 %.
Les investissements locatifs dans les résidences de tourisme
Un montage fiscal particulièrement attractif peut être envisagé
pour les contribuables qui réalisent entre le 1er janvier 1999 et le
31 décembre 2002 un investissement dans une résidence de tourisme
située dans une zone de revitalisation rurale. Nous vous proposons de
vous reporter à au développement que nous consacrons dans ce même
magazine, à La TVA récupérable en résidence de tourisme.
Vente d'une résidence secondaire et imposition de la plus-values
A la différence de la résidence principale dont la plus value
est rarement imposée en cas de vente, celle de la résidence secondaire
est taxée par principe. Lorsque la vente concerne un bien acquis depuis
moins de deux ans, le régime des plus values à court terme s'applique.
Dans ce cas, elles sont intégrées pour leur montant total aux
autres revenus annuels du contribuable et sont soumises au barème progressif
de l'impôt sur le revenu.
En cas de plus-values à long terme, c'est à dire qu'elles proviennent
de la vente d'un bien acquis depuis plus de deux ans, les plues values sont
imposées selon les modalités suivantes qui permettent d'atténuer
la progressivité de l'impôt. La plus-value imposable est d'abord
divisée par 5, puis ce résultat est ajouté au revenu global
du contribuable. Il convient ensuite de calculer l'accroissement d'imposition
qui résulte de la prise en compte de ce cinquième de plus-values
puis de multiplier ce montant par 5 pour déterminer le total de la plus-value.
Il est alors possible d'étaler l'impôt sur 5 ans par fractions
égales, à condition d'en faire expressément la demande
au moment de la déclaration de la plus value et d'accepter de payer un
intérêt chaque année sur la fraction d'impôt réclamée.
Enfin, les plus-values sont soumises au prélèvement social de
2% ainsi qu'à la CSG et CRDS pour la totalité de leur montant.
Vente d'un immeuble situé à l'étranger et imposition
de la plus value
La plus value réalisée par un français lors de la vente
d'un bien immobilier situé à l'étranger est taxable en
France sauf si une convention fiscale internationale prévoit des modalités
d'imposition différentes. De même, lorsque la vente est faite en
France par un étranger, sa plus value est imposée en France, sauf
si une convention internationale s'applique pour éviter les doubles impositions.
Exonération d'impôt sur les plus values lors de la vente d'une
résidence de loisir
Seulement deux possibilités d'exonération d'impôt sur les
plus values sont prévues en cas de vente d'une résidence de loisir.
La première concerne les titulaires d'une pension vieillesse qui ne sont
pas assujettis à l'impôt sur le revenu l'année de réalisation
de la plus-value et ceux redevables d'un impôt inférieur au seuil
de mise en recouvrement, soit 400 F pour l'impôt sur le revenu de 2000.
La seconde possibilité d'exonération s'applique lorsque la valeur
du patrimoine immobilier en France et à l'étranger, y compris
le bien cédé, est inférieure à 400 000 F augmentés
de 100 000 F par enfant à charge à partir du troisième.
De fait, l'acquisition et la vente d'une résidence secondaire sont peu
favorisées fiscalement. Il en va différemment des revenus tirés
de la mise en location de tels logements, ce qui suppose néanmoins l'observation
de certaines règles d'ordre contractuel.
Quel contrat pour une location saisonnière ?
La sécurité juridique indispensable à la mise en location
d'un logement dépend essentiellement des modalités de rédaction
du contrat. Or, la location saisonnière est une variété
de contrat de location en meublé assujetti à aucune règle
contraignante. Pour conclure un tel contrat, il suffit que le locataire accepte
les conditions librement fixées par le propriétaire. La seule
obligation légale incombant au bailleur est celle qui consiste à
remettre au locataire, préalablement à la conclusion du contrat
de location saisonnière meublée, un état précisant
la description des lieux loués, leur situation et les conditions de la
location. Attention. En cas de fausses informations, une amende de 600 à
1 200 F et jusqu'à 3 000 F en cas de récidive peut être
infligée.
Le contrat est un document essentiel. En cas de contestation, il est le document
de référence et il doit donc contenir en détail, les informations
relatives au bien, son adresse, et celles concernant la durée de la location,
(date et heures de départ et d'arrivée), le prix et les conditions
paiement, le montant du dépôt de garantie et le délai de
remboursement. Les charges peuvent être forfaitaires ou détaillées,
comprises ou non dans le prix.
Il est très vivement recommandé d'établir un état
des lieux entre le bailleur et le locataire lors de la remise des clés
et au moment de leur restitution. Ce document décrit les équipements,
leur état de fonctionnement et de propreté. En cas de désaccord,
le locataire peut émettre des réserves par écrit.
Le versement d'une caution qui n'est généralement encaissée
par le propriétaire qu'en cas de dégradations provoquées
par le locataire peut être prévu.
Bon à savoir : le locataire est responsable de l'immeuble et des meubles
qui lui sont confiés. Avant le départ, il est recommandé
de vérifier si le contrat multirisque habitation conclu par la résidence
principale contient une extension de garantie pour les dommages pouvant survenir
pendant les vacances.
La réservation d'une location saisonnière
Lorsque la réservation de la location a lieu directement entre le propriétaire
et le locataire, sans intervention d'un professionnel, le bailleur exige généralement
un chèque représentant 25 % à 50 % de la location. Lorsqu'un
professionnel intervient, la somme réclamée par avance ne peut
excéder 25 % du prix de la location.
La distinction arrhes et acompte
Lorsque la somme versée au moment de la réservation est qualifiée
d'arrhes, les parties peuvent se désister. Le locataire, en abandonnant
la somme versée, le loueur, en restituant le double au locataire (article
1590 du Code civil). En revanche, lorsque la somme est qualifiée d'acompte,
les parties ne peuvent pas se dégager de leur engagement. Si le locataire
annule, il doit payer l'intégralité du loyer. Si le loueur se
désiste, il doit indemniser préjudice matériel et éventuellement
moral subi par le candidat locataire.
En cas de litige
Faute de règlement amiable du différent avec le propriétaire,
notamment lorsque le logement ne correspond à la description faite par
le propriétaire, le mieux est d'établir la réalité
des faits par un constat d'huissier, des photos et des témoignages. Une
action pénale consistant en un dépôt de plainte auprès
du commissariat, de la gendarmerie ou du procureur de la République peut
être engagée. Une action civile par voie d'assignation devant le
tribunal civil peut permettre d'obtenir une réduction du prix ou même
l'annulation du contrat, la restitution des sommes versées ainsi que
des dommages et intérêts.
S'il s'agit d'un meublé de tourisme, une lettre recommandée doit
être adressée à la préfecture. La sanction encourue
peut consister en un déclassement du meublé dans une catégorie
inférieure ou une radiation du logement de la liste des meublés.
S'il s'agit d'un gîte rural, à défaut de règlement
amiable, le relais départemental des gîtes de France peut faire
radier le logement de la liste des gîtes.
Lorsque le meublé n'est pas classé, la Direction départementale
de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes
intervient après enquête au terme d'une plainte déposée
auprès du parquet pour publicité mensongère.
L'imposition des revenus des locations saisonnières
Les revenus provenant de la mise en location de logements meublés relèvent
de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux
(BIC). Les propriétaires qui les perçoivent ont, selon les cas
que nous examinons ci-après, le statut de loueurs en meublé non
professionnels ou de loueurs en meublés professionnels. Les premiers
sont les personnes qui louent en meublé soit des locaux spécialement
destinés à la location, soit une ou plusieurs pièces de
leur habitation personnelle. A ce titre, les loueurs de chambres d'hôtes,
de meublés de tourisme ou de gîtes ruraux entrent dans cette catégorie.
Il existe 3 cas ou le loueur en meublé est exonéré de
l'impôt sur le revenu :
Il en est ainsi en cas de location d'une chambre d'hôte de manière
habituelle pour une durée d'une journée, d'une semaine ou d'un
mois (à des personnes qui n'y élisent pas domicile) et lorsque
les recettes brutes annuelles (loyers et éventuellement prestations annexes
: petit déjeuner, téléphone, etc.) ne dépassent
pas 5 000 F TTC. En cas de franchissement de cette limite, les recettes sont
imposables en totalité.
De même, une exonération d'impôt sur le revenu est prévue
en cas de location ou de sous-location en meublé d'une partie de la résidence
principale (chambre, étage d'une maison). Les pièces louées
doivent constituer la résidence principale du locataire et le prix de
location doit être fixé dans des limites raisonnables, soient 855
F annuels par mètre carré en région Ile-de-France et 608
F dans les autres régions.
Enfin, les revenus tirés de la location ou de la sous-location d'un
meublé à des personnes bénéficiant du RMI, à
des étudiants boursiers ou à des organismes sans but lucratif
qui louent à ces personnes, sont exonérés pendant les trois
premières années de location si les loyers n'excèdent pas
341 F annuels par mètre carré habitable en région Ile-de-France
ou 283 F dans les autres régions.
La distinction loueur non professionnel, loueur professionnel
Le plus souvent, les locations en meublé saisonnières sont considérées
comme des locations non professionnelles parce qu'elles concernent des loueurs
non inscrits au registre du commerce et des sociétés en qualité
de loueurs en meublé ou bien des loueurs qui, bien qu'inscrits au RCS,
retirent de cette activité à la fois un montant de recettes inférieur
ou égal à 150 000 F TTC et moins de 50 % de leur revenu global.
Signalons également que cette activité est soumise aux impôts
locaux, à savoir, la taxe professionnelle dès lors que la location
même saisonnière présente un caractère habituel,
à la taxe d'habitation si le propriétaire dispose personnellement
du local loué en dehors de la période de location et à
la taxe foncière sur les propriétés bâties pour le
propriétaire du meublé.
LES IMPOTS DUS PAR LE LOUEUR EN MEUBLE
S'agissant d'une activité commerciale, les loueurs en meublé sont
imposés dans la catégorie des bénéfices industriels
et commerciaux (BIC). Selon leur situation particulière et l'importance
du chiffre d'affaires réalisé, ils sont imposés soit au
titre du régime prévu pour les micro-entreprises, soit au titre
du régime dit du " réel simplifié " ou celui
dit du " réel normal " dont nous allons décrire les
particularités.
Le régime des micro-entreprises
En l'an 2000, le régime des micro-entreprises s'applique lorsque les
recettes des meublés sont inférieures à 500 000 F HT et
que le propriétaire ne soit pas assujetti au paiement de la TVA (système
dit de la franchise en base qui dispense de la déclaration et du paiement
de la TVA). Ce régime très simplifié évite d'avoir
à remplir une déclaration spéciale de revenus pour l'activité
de loueur en meublé. Il suffit d'indiquer le montant des recettes au
titre des locations sur la déclaration des revenus n° 2042 C.
Bon à savoir : Très favorable, le propriétaire
n'est imposé que sur 30 % des revenus des meublés. Un abattement
de 70 % qui ne peut être inférieur à 2 000 F s'applique
en effet dans le cadre du régime des micro-entreprises. Toutefois, le
régime de la micro-entreprise ne permet pas de constater un déficit
(voir plus loin).
L'imposition selon le régime réel simplifié
Ce régime s'applique lorsque le chiffre d'affaires réalisé
en 2000 est supérieur à 500 000 F HT et n'excède pas 5
000 000 F HT. Le loueur en meublé doit souscrire avant le 1er avril une
déclaration spéciale de résultat n° 2031. Dans ce contexte,
le propriétaire doit produire un bilan simplifié (sauf dispense),
un compte de résultat simplifié de l'exercice comprenant le résultat
comptable et le résultat fiscal), un tableau des immobilisations, des
amortissements et des éléments soumis au régime fiscal
des plus-values et des moins-values, et un relevé des provisions, des
amortissements dérogatoires et des déficits reportables.
Important : la déduction des amortissements pour l'assiette de
l'impôt suppose que les immeubles donnés en location soient inscrits
à l'actif du bilan simplifié. Si l'immeuble loué n'est
pas inscrit à l'actif du bilan simplifié, le propriétaire
ne peut déduire de son résultat imposable que les charges de gestion
au prorata de la durée effective de location. Il est à noter que
les charges correspondant à la période pendant laquelle le propriétaire
a eu la jouissance du logement meublé ne sont pas déductibles.
EXONERATION DE LA TAXE PROFESSIONNELLE
Les loueurs en meublé sont imposables à la taxe professionnelle.
Toutefois, les personnes qui louent ponctuellement en meublé une partie
de leur habitation personnelle sont exonérées de plein droit,
lorsque la location ne présente aucun caractère périodique.
Ajoutons que les personnes qui louent ou sous-louent une ou plusieurs pièces
de leur habitation principale sont exonérées de plein droit lorsque
les pièces louées constituent la résidence principale du
locataire et que le prix demeure fixé dans des limites raisonnables.
Les loueurs de gîtes ruraux, les loueurs de meublés de tourisme
ainsi que les personnes qui louent ou sous-louent tout ou partie de leur habitation
personnelle, dans les cas autres que ceux évoqués ci-dessus, sont
exonérés de taxe professionnelle, sauf si les collectivités
territoriales décident par délibération, pour la part qui
leur revient, de rétablir la taxe professionnelle sur ces locaux.
LA TAXE D'HABITATION
Les personnes qui louent des meublés supportent la taxe d'habitation
lorsque ces derniers constituent leur habitation personnelle. Les collectivités
territoriales peuvent décider par délibération de rétablir
la taxe professionnelle sur les locaux meublés. Dans ce cas, le loueur
doit acquitter la taxe professionnelle et la taxe d'habitation. Cela étant,
la taxe d'habitation n'est pas due pour les locaux exclusivement réservés
à la location en meublé et spécialement aménagés
à cet effet.
LA TAXE FONCIERE
Le propriétaire ou l'usufruitier supporte la taxe foncière sur
les propriétés bâties possédées au 1er janvier
de l'année d'imposition. Au titre des taxes annexes à la taxe
foncière, les communes peuvent instituer une taxe ou une redevance pour
le financement du service d'enlèvement des ordures ménagères
calculée en fonction de l'importance du service rendu.
L'EXONERATION TVA
Les locations occasionnelles, permanentes ou saisonnières de logements
meublés à usage d'habitation sont en principe exonérées
de TVA. Il en est ainsi pour les particuliers qui louent en meublé, de
manière occasionnelle ou permanente, une résidence secondaire,
un logement touristique ou une partie de leur résidence principale et
les collectivités locales et les associations qui donnent en location
des gîtes ruraux ou communaux.
Toutefois, lorsque le propriétaire offre, en plus de l'hébergement,
des prestations para-hôtelières (le petit déjeuner, le nettoyage
quotidien des locaux, la fourniture du linge de maison, la réception
de la clientèle) et qu'il est immatriculé au registre du commerce
et des sociétés au titre de cette activité, l'exonération
de TVA ne s'applique pas.
LES DEFICITS IMPORTANT :
contrairement au sort réservé aux loueurs professionnels (voir
ci-après), les déficits subis par les loueurs en meublé
non professionnels ne sont pas déductibles du revenu net global du foyer
fiscal. Les déficits d'une année ainsi que les déficits
restant à reporter se déduisent de l'ensemble des bénéfices
provenant d'activités industrielles ou commerciales exercées à
titre non professionnel par l'un des membres du foyer fiscal, durant la même
année et les cinq années suivantes. Cette contrainte, qui peut
être pénalisante fiscalement, n'existe pas dans le cadre du statut
reconnu aux loueurs en meublé professionnels.
LE STATUT DU LOUEUR EN MEUBLE PROFESSIONNEL
Pour qu'un propriétaire ait le statut de loueur en meublé professionnel,
les recettes annuelles tirées de la location des meublés doit
représenter au minimum 150 000 F T.T.C, ce seuil s'appréciant
prorata temporis si l'activité débute en cours d'année,
soit, au minimum 50 % de ses revenus. Parallèlement, le loueur doit obligatoirement
être inscrit au Registre du Commerce et des Sociétés en
cette qualité et doit se soumettre aux obligations déclaratives
et comptables concernant les entreprises.
Bon à savoir : certains greffes refusent de faire droit à
cette inscription. Dans ce cas, le loueur en meublé doit conserver une
trace écrite du refus, afin de pouvoir justifier, le cas échéant,
de sa volonté de s'immatriculer au R.C.S.
L'INTERET DES DEFICITS POUR LE LOUEUR EN MEUBLE PROFESSIONNEL
Contrairement au loueur non professionnel, les déficits d'exploitation
constatés par un loueur professionnel sont imputables sur son revenu
global. De fait, ce statut présente parfois un intérêt considérable
en terme d'économie d'impôts, pour les contribuables fortement
imposés, d'autant que s'agissant de biens professionnels, les immeubles
sont exonérés d'ISF
Signalons que parmi les charges prises en considération figurent notamment,
les intérêts d'emprunt liés à l'acquisition, les
dépenses d'entretien et de réparation, les charges de copropriété,
les frais et charges de gestion (avocat, comptable, etc.), la taxe professionnelle,
l'impôt foncier. Ajoutons, pour conclure, que l'immeuble (terrain non
compris) peut faire l'objet d'un amortissement sur une durée comprise
entre 20 et 30 ans et que, pour sa part, le mobilier s'amorti sur une durée
de 5 à 10 ans.
Comment créer une chambre d'hôtes ?
La France est la première destination touristique au monde ! Les propriétaires
de résidences secondaires sont de plus en plus nombreux à vouloir
tirer parti de ce marché et il devient difficile, à qui parcoure
nos campagnes, d'échapper aux offres d'hébergements dans le cadre
des chambres d'hôtes.
Avant de se lancer dans un tel commerce, il importe de savoir que la réglementation
de l'hôtellerie s'applique aux chambres destinées à accueillir
les touristes itinérants. Le prix TTC des différentes prestations
proposées, service compris, doit être affiché à l'extérieur,
à la réception et sur chaque porte des chambres d'hôtes.
Une facture datée où figure le nom et l'adresse de l'exploitant,
le nom du client, la date, le lieu et le détail des prestations ainsi
que le prix total à payer doit être remise au client.
Outre le gîte, il est possible de proposer le couvert. Lorsque la prestation
s'étend à la table d'hôtes les contraintes suivantes s'imposent.
Le nombre de repas servis est limité à celui de l'hébergement.
Il est interdit de proposer plusieurs menus par service et les repas doivent
être pris à la table familiale.
Quel régime fiscal ?
Le régime des BIC s'applique (voir les développements consacrés
à ce régime d'imposition). Par principe, la location en meublée
n'est pas assujettie à la TVA. Toutefois, si des prestations complémentaires
(repas, linge, etc
) sont proposées, celles-ci sont taxables au
taux de 20,6 %, le taux de 5,5 % s'appliquant à l'activité hébergement
en cas d'inscription au Registre du Commerce.
Rappel : lorsque le chiffre d'affaires est inférieur à
500 000 F H.T, le régime de franchise en base s'applique et aucune déclaration
de T.V.A. ne doit être souscrite (sauf option pour le régime réel).
La T.V.A n'est pas facturée aux clients, mais en contre partie, il n'est
pas possible récupérer celle acquittée sur les achats et
les investissements.
Sauf délibération contraire des collectivités territoriales,
l'activité de location meublée sans prestation hôtelière
supporte la taxe d'habitation mais est exonérée de la taxe professionnelle,
à condition que la chambre d'hôtes fasse partie de la résidence
principale ou secondaire du propriétaire, qu'elle soit classée
"Gîte de France" et qu'elle ne constitue pas l'habitation principale
ou secondaire du locataire.
Multipropriété ou " timeshare ", de quoi s'agit-il
?
Depuis 1998, les acquéreurs européens de multipropriété
ou encore de contrats de jouissance à temps partagé ou enfin de
" timeshare ", bénéficient d'une protection accrue.
Cela n'empêche pourtant pas ces investisseurs d'être régulièrement
placés sous les feux de l'actualité au titre de scandales retentissants.
Voici un bref rappel du fonctionnement de ce type de propriété.
Le titulaire d'une semaine en multipropriété n'est pas propriétaire
d'un logement mais seulement d'un droit d'occupation pour une période
donnée. Le véritable propriétaire des murs (logements et
parties communes hôtelières, réception, bar, tennis, discothèques,
piscines...), c'est une société, laquelle vend pour une période
généralement comprise entre 5 et 99 ans, des parts qui elles,
donnent un droit de jouissance d'une ou plusieurs semaines sur un logement.
Ce droit qui se monnaye entre 40 000 et 150 000 F selon la durée, la
qualité des prestations proposées, peut être utilisé
ou échangé. En pratique cependant, les charges de fonctionnement
de ses résidences se révèlent parfois excessivement lourdes,
ce qui rend très incertaine la possibilité de revendre ce type
de propriété.
En Europe, les acquéreurs des contrats portant sur l'acquisition
d'un droit d'utilisation à temps partiel des biens immobiliers sont protégés
par les dispositions de la loi du 8 juillet 1998. Des sanctions civiles et pénales
(articles L 121-60 à L 121-76 du code de la consommation) sont prévues
lorsque les règles suivantes ne sont pas respectées.
1/ Le consentement de l'acquéreur doit être éclairé.
L'offre est obligatoirement établie par écrit et doit être
rédigée en français lorsque le bien est situé en
France ou que le consommateur réside sur le territoire français.
Si le bien est situé hors de France et que le contrat n'est pas rédigé
en français, une traduction du contrat est remise au consommateur. Ce
dernier dispose d'un délai de réflexion de sept jours suivant
la réception.
2/ Le contrat doit contenir diverses mentions obligatoires relatives notamment
:
· à l'identité du professionnel et son appartenance à
une bourse d'échange.
· à la définition de la nature et de la consistance du
bien, sa localisation et son environnement.
· à la nature, la durée, les conditions et le coût
du contrat de multipropriété.
3/ La possibilité de rétractation de l'acquéreur :
au moment de l'acquisition, l'acquéreur bénéficie d'un
délai de réflexion de 7 jours. Il doit alors renvoyer son offre
acceptée en recommandé avec accusé de réception.
A compter de cette date, courre pendant dix jours, un droit de rétractation
sans indemnités ni frais. La rétractation est formulée
dans les mêmes formes et n'a pas à être motivée. Aucun
versement ou acompte ne peut être sollicité durant ce délais.
4/ la compétence des juridictions européennes :
Toute clause attribuant compétence à une juridiction d'un État
non partie aux conventions précitées est réputée
non écrite lorsque le consommateur est domicilié en France ou
que le bien est situé sur le territoire d'un État adhérent
aux conventions de Bruxelles et de Lugano. Ainsi, tout litige relève
de la juridiction du lieu de domiciliation du consommateur ou de celle du lieu
de situation du bien s'il est situé dans l'un des États signataires
des conventions.
5/ Les sanctions civiles et pénales
En cas de non-respect des règles précitées, l'acquéreur
peut invoquer la nullité de l'offre de vente. En cas de non-respect des
règles de publicité, de forme et de contenu de l'offre des peines
d'amende de 100 000 F peuvent s'appliquer. L'amende peut être de 200 000
F lorsque le professionnel contrevient à l'interdiction d'exiger ou de
recevoir un quelconque versement avant l'expiration du délai de rétractation
de 10 jours.